GUIRAUD Morin
Vous êtes ici:   Home « Armée française « 1914 « Témoignages « GUIRAUD Morin

 

Le 29 août 1964, la ville d’Eysines a décidé de rendre hommage à l’un de ses enfants : Morin Guiraud en donnant son nom à une rue.

Premier document : Sa fiche « mémoire des hommes ».
Elle nous apporte les informations ci-après :
Prénom : Morin.
Crade : capitaine, rayé et remplacé par lieutenant.
Corps : 18ème RI.
Mort pour la France le 16.9.1914 à La Ville au Bois (Aisne), Tué à l’ennemi, disparu.
Né le 21.12.1883 à Eysines.
Un jugement du 16.8.1921 du tribunal de Bordeaux le décrète mort, transcrit à Eysines le 24.10.1921.

Elle nous permet d’accéder au second document : sa fiche du recrutement militaire. conservée aux archives départementale de La Gironde

Cette fiche est plus précise, elle permet de préciser son parcours.
Morin Guiraud naît le 21.12.1883 à Lescombes dans la commune d’Eysines, il est fils de Bernard Guiraud, cultivateur et d’Anne Massie, On ne sait rien de son enfance et de sa jeunesse, si ce n’est qu’il a un frère, Jean Roger, né le 2.4.1890.
Lors du recensement de sa classe, en 1903, il est dit étudiant, son niveau d’instruction est élevé (5 soit le niveau baccalauréat ou licence), Il s’est engagé le 26.10.1903 pour l’école militaire de Saint Cyr, école d’officiers.
En examinant les journaux officiels des années précédentes, on découvre des étapes de son parcours :
• JO du 13.9.1901 : il figure sur la liste des 150 premiers candidats atteints par la limite d’âge non reçus à l’école navale.
• JO du 23.9.1902 : il est 91ème sur 515 au classement de sortie de l’école spéciale militaire.
• JO du 26.6.1903 : il est admissible de droit à l’école militaire de Saint Cyr « comme ayant été déclaré admissible les années précédentes ».
• JO du 18.9.1903 : il est admis à l’école militaire de Saint Cyr avec le numéro 115/330.
• JO du 25.11.1903 : il est sur la liste des élèves « à qui des bourses et trousseaux ont été accordés après constatation de l’insuffisance de fortune des parents ».

Contrairement aux indications portées sur sa fiche matricule, son parcours militaire a commencé avant 1903. Il a d’abord été candidat à l’école navale afin d’entreprendre une carrière dans la marine nationale. Le concours étant ouvert aux jeunes gens de 14 à 17 ans, il doit abandonner cette possibilité. En 1902, il sort de l’école militaire de Saint Cyr avec un excellent classement (91ème sur 515) et est déclaré apte au grade de sous-lieutenant, mais on ne trouve pas de trace de cette nomination dans le journal officiel. En juin 1903, il est déclaré admissible de droit et passe avec succès les épreuves orales. Il est admis 115ème sur 330, un classement fort honorable. Mais l’école de Saint Cyr a été instituée pour les jeunes des classes les plus fortunées, les élèves doivent payer leur trousseau et une pension de 1000 francs (or) par an ; depuis le milieu du XIXème siècle, un système de bourses a été mis sur pied en faveur des autres, l’insuffisance de la fortune des parents est constatée par une délibération du conseil municipal d’Eysines et approuvée par le préfet en 1903.

Portrait Morin GUIRAUD

• JO du 3.9.1905 : au classement par ordre de mérite des élèves de l’école spéciale militaire, il est 73ème sur 324.
• JO du 10.9.1905 : il est nommé sous-lieutenant et affecté au 78ème régiment d’infanterie.
• JO du 24.9.1907 : il est nommé lieutenant et reste au 78ème RI.

D’après sa fiche matricule :
• il est détaché à l’école de tir de Châlons du 14 au 27 mars 1909 pour y suivre le cours sur les mitrailleuses, arme nouvelle que l’armée française tardera à adopter et qui fera des ravages dans nos lignes.
• Il est détaché à l’école de gymnastique de Joinville du 1er février au 1er mai 1913.
• Il est nommé capitaine le 22.3.1913 ; cette nomination n’a pas été retrouvée dans le journal officiel, pas plus que son affectation au 18ème RI à Pau qui a dû la précéder puisqu’il est photographié au 18ème avec ses galons de lieutenant.

Le 18ème RI tient garnison à Pau, Morin est affecté à la 1ère compagnie du 1er bataillon, il en prend le commandement à une date inconnue. Le régiment quitte Pau le 6 août 1914, le 14 août le régiment se trouve à Andilly (Meurthe-et-Moselle).
Le régiment embarque en train pour Sorcy (Ardennes) afin de soutenir la Ve armée, le régiment ré embarque direction Avesnes (Nord) ou il arrive le 18 août 1914.
Le régiment participe à la Bataille de Charleroi, après la retraite c’est La Bataille de Guise (Aisne) Le 31 août le régiment est dans le secteur de Laon. Le 5 septembre le régiment arrive à Saint Martin des Champs (Seine et Marne)
La Bataille de Marchais en Brie (Aisne) décime à nouveau le régiment.

Le 15 septembre 1914 le régiment est à Pontavert au pied du Chemin des Dames.
Le général de la 35e Division d’infanterie ordonne la reprise du village de La Ville aux Bois que les allemands occupent depuis la veille. Le 16 septembre le 1e bataillon du 18e RI longe la lisière Ouest du Bois des Buttes, pour attaquer le village. La 1ère compagnie se trouve à la lisière Est du  une lutte acharnée s’engage alors le Lieutenant GUIRAUD Morin disparaît lors de ces combats.
Sa disparition est signalée par la Croix Rouge à l'autorité allemande.

Fiche CICR Morin GUIRAUD

Son corps ne sera jamais retrouvé. Le 16.8.1921, le tribunal de Bordeaux le déclare mort à la date de sa disparition, le 16.9.1914. Son décès est transcrit dans le registre des décès d’Eysines le 24.10.1821.
Le 29.8.1964, la municipalité d’Eysines donne son nom à une rue d’Eysines avec la mention suivante : « Enfant de la Commune, héros de la guerre 14/18 au cours de laquelle il a vaillamment combattu dans l’Aisne où il a été porté disparu le 16 septembre 1914. Chevalier de la Légion d’honneur ».
Cette nomination dans la légion d’honneur n’a pas été retrouvée dans les journaux officiels, ni sur le site « leonore ».
La consultation de son dossier individuel (n° 129.910) aux archives de la défense de Vincennes devrait nous livrer d’autres informations.



 

Portrait Morin GUIRAUD

Au cours de ce combat autour de La Ville aux Bois les pertes sont énormes pour le 18e RI.

 

Voir la page  de Morin GUIRAUD sur le site internet du Chemin des Dames

Sources : Archives départementale de la Gironde
Journal Officiel
Historique du 18e RI

Article de Michel BARON

Remerciements à L'Association Connaissance Eysines

 

nach oben