Compte rendu de l'offensive
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 LES ARMEES FRANÇAISES DANS LA GRANDE GUERRE.

Le 10 mars, une attaque allemande de plus grande envergure est exécutée sur la partie du front de la Ve armée tenue au nord de l'Aisne par la 55e division (37e corps d'armée)

Dès 6 heures, l'artillerie ennemie concentre son tir sur le bois des Buttes et les organisations avoisinantes : bois Franco-allemand, bois de la Mine; son action s'étend aux passages de l'Aisne, au bois de Beaumarais au nord de la rivière, au bois de Gernicourt au sud. Elle écrase ainsi les organisations de l'infanterie, aveugle les observatoires, domine l'artillerie de la défense.

Plus de trente batteries, dont une moitié au moins d'artillerie lourde, paraissent en action ; elles font usage de nombreux obus suffocants et fumigènes.

Vers 16 heures, les troupes d'assaut débouchent de la Ville-au-Bois et des tranchées plus au sud, s'emparent de la première ligne du Bois des Buttes et des sommets 92 et 96 qu'elles débordent par le sud-est. Elles progressent ainsi rapidement, abordent même le réduit de la Sapinière.

Mais le 276e régiment, chargé de la défense du sous-secteur des Buttes, parvient à se maintenir dans la partie sud de ce réduit; il se relie au nord par le centre 5 à la butte de l'Edmond, au sud par le boyau de Cettigné au bois Clausade. Dans ce dernier se sont repliés après une vive résistance les

défenseurs (289e régiment) du bois Franco-allemand, également attaqué de front, puis débordé par des fractions ennemies qui s'y sont glissées par l'ouest.

Il est environ 17h 3o. Le commandement met successivement à la disposition de la 110e brigade les deux bataillons du 246e régiment, réserve de division; il pousse sur Pontavert un bataillon du 292e régiment (63e division), réserve de corps d'armée; il réunit à Roucy et Venteley le bataillon du 204e régiment qui reste en réserve d'armée. Deux contre-attaques sont alors tentées dans la nuit, puis le lendemain vers 13 heures. Elles sont menées par des éléments des troupes en ligne (231e, 276e et 289e régiments) renforcées le 10 au soir d'un bataillon du 246e , puis, le lendemain, de l'autre bataillon de ce régiment ainsi que d'une compagnie du 292e . Elles partent simultanément du centre de l'Edmond et de la Sapinière, face à l'est, en direction du centre 1 et des Buttes, des boyaux de Cettigné et Victor-Emmanuel, en direction du bois Franco-allemand qu'elles attaquent par l'ouest et par le sud. Mais elles échouent sous le feu de l'adversaire. Pour parer à toute éventualité sur cette partie du front, le commandant de la Ve armée porte, le 11 mars, une brigade de la 52e division de la montagne de Reims dans la région au nord de la Vesle.

La lutte se poursuit dans ce secteur jusqu'au 1 8, les Allemands cherchant sans l'obtenir l'exploitation de leurs succès.

Cette opération qui a réussi à enlever les observatoires importants du Bois des Buttes, à gêner par suite les communications françaises entre les deux rives de l'Aisne et à capturer un grand nombre de prisonniers est, après celles du Bonnet d'Evêque et de Navarin, la troisième de cette importance que les Allemands réussissent en moins d'un mois sur le front de Champagne. Elle émeut le commandant du groupe des armées du centre qui rappelle à ses troupes les grands principes de la défense à outrance

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