Les Amis du Bois des Buttes
Vous êtes ici:   Home « Armée française « 1917 « Avril « 13e Régiment d'artillerie

 

Historique du 13e régiment d'artillerie de campagne

 

LE BOIS DES BUTTES

 

Le régiment n'était pas encore retiré du secteur de Maizy que le lieutenant-colonel LENOIR commençait, dès le 15 janvier, une série de reconnaissances dans le bois de Beaumarais, situé au sud de Craonne, en vue d'y installer une importante artillerie lourde et de campagne.

Le 3 février (1917), les groupes reprenaient la direction du nord et successivement prenaient position,

- le 1er groupe au centre du bois de Beaumarais,

- le 2e dans le parc du château de Pontavert

- le 3e aux lisières sud du bois.

Le 9 février , les trois groupes étaient en place et appuyaient notre infanterie en ligne de la corne nord-est du bois de Beaumarais à la Miette, petit ruisseau affluent de l'Aisne.Les Allemands occupent devant elle la solide position du Bois des Buttes, la route nationale no 44 et la vaste plaine qui s'étend vers le camp de Sissonne.

Le 13e RAC restera dans ce secteur jusqu'aux premiers jours de 1918. Avec toute l'ardeur que donne l'espérance de la victoire, il s'y battra le 16 avril sans marchander ses forces ni son sang et sera l'un des artisans incontestés du beau succès de la division. Puis, l'offensive arrêtée, c'est encore à lui qu'incombera la mission de conserver nos gains. Cette mission, pendant des mois d'âpres luttes, il la remplira sans défaillance,soucieux avant tout de rester, malgré les pertes et la fatigue,à la hauteur de sa glorieuse réputation.

Le 12 février, le régiment prenait part à un coup de main dirigé par la 162e D. I., placée à la gauche de la 10e D. I., sur le bastion du bois de Chevreux.

Le 16 février, il appuie un nouveau coup de main que la division tente pour son compte sur le bastion de la Mine, au sud du Bois des Buttes.

Le 23 mars , nous effectuions une opération de même genre sur la partie du Bois des Buttes dite le « Nez de Boche »

Dès le 6 avril commencent les destructions de réseaux et de tranchées. C'est un travail long et délicat, mais auquel officiers et soldats, pénétrés de l'importance de leur mission, consacrent tous leurs soins et leurs efforts. L'activité de l'artillerie allemande est toujours très soutenue et s'exerce particulièrement sur les arrières, les voies de communication,les premières lignes, les observatoires. Le sous-lieutenant DEVULDER est mortellement frappé

Le 16 avril le bombardement, qui a duré toute la nuit, atteint progressivement une intensité égale à celle prévue pour l'heure de l'attaque. Le barrage roulant commence à 5h 30.

A 6 heures, c'est l'heure de l'assaut.

Le jour paraît à peine, un petit jour froid, brumeux et triste que la fumée des éclatements montant en un épais rideau noir ou blanc obscurcit presque. Il part de tous côtés une effroyable canonnade.

A peine les vagues d'assaut sont elles parties, que déjà sur leurs flancs se révèlent des mitrailleuses. Cependant la progression s'effectue assez rapidement derrière le barrage de l'artillerie. Les premières lignes sont enlevées, mais la route 44 est encore garnie de mitrailleuses et les troupes d'attaque de la gauche de la division n'avancent plus. Seuls quelques éléments du bataillon SÉE du 46e RI dépassent la route, mais ils sont en trop petit nombre pour s'y établir et reviennent en arrière. En fin de journée, la droite de la division est en deçà de la route, à 200 mètres environ.

Le gros succès est à la droite de la division. Le 31e R. I. escalade de toutes parts le Bois des Buttes bouleversé par l'artillerie de tranchée et les batteries du 3e groupe.

Son élan est tel que les Allemands n'ont pas le temps de sortir de leurs sapes et sont faits prisonniers en grand nombre.

Les mitrailleuses, les isolés qui résistent sont rapidement réduits à la grenade et bientôt la formidable position est tout entière entre les mains des français.

Mais, à midi, la progression de ce régiment était également entravée par le feu des mitrailleuses protégées par des abris bétonnés qui garnissaient le village de La Ville-aux-Bois et ses abords. Les Allemands, serrés de très près, s'accrochent encore désespérément à ce village.

Cette journée du 16 avril fut terrible pour le 3e groupe, à qui elle coûta 11 tués et 36 blessés.

Au cours de la nuit les batteries protègent la consolidation de ce nouveau front.

Le 17 avril , le 31e et le 331e poursuivent leurs attaques sur La Ville-aux-Bois et sur la Musette.

Ces combats, menés par de petits groupes, ne peuvent être appuyés par l'artillerie.

Le 18 avril, après une importante préparation d'artillerie, deux bataillons du 31e R. I. s'élançaient dans La Ville-aux-Bois, faisaient plusieurs centaines de prisonniers, s'emparaient de deux pièces de 77,dépassaient la route 44 et s'établissaient dans un petit bois dit « Bois en L ».

Enfin, protégée par nos batteries qui arrêtent encore une importante contre-attaque, l'infanterie s'installe à 800 mètres au delà de la route 44.

Après avoir vainement tenté de s'emparer d'un bois situé au sud de la route de Corbeny à Juvincourt, appelé « Bois en T », et d'un bois voisin, le bois de la Casemate, la division n'attaque plus.

L'artillerie française a fixé ses barrages et reprend sa mission défensive. Les deux premiers groupes ont conservé leurs positions antérieures à l'attaque, le 3e groupe s'est installé au sud du Bois des Buttes, à la lisière d'un petit bois appelé bois Franco-Boche.

Le mois de mai voit la stabilisation définitive de notre front. Il n'y a plus d'opérations offensives, pourtant l'artillerie ennemie est très active et elle le restera pendant tout le séjour du régiment.

Au mois de novembre, les Allemands ayant abandonné le Chemin des Dames, rectifièrent également leurs lignes devant le front de la division.

L'année s'achève dans l'agitation habituelle. Les coups de main succèdent aux coups de main. Le 5, le 9, le 13 décembre, coups de main allemands. Le 15, le 25, coups de main français. Le 23, rencontre de deux coups de main français et allemand, montés simultanément sur le même point.

L'historique complet du 13e RAC est consultable  sur Gallica

 

nach oben