Un village qui devait disparaître
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L A  V I L L E  A U X  B O I S  E N  F Ê T E
P O U R  S A  R É S U R R E C T I O N

Inauguration 1932

Un village qui devait disparaître

Le 11 novembre 1918, après 1562 jours de guerre, comme des dizaines et des dizaines de villages de l‘Aisne, La Ville aux Bois n’existe plus.

Au cœur de violents combats dès septembre 1914, ses habitants sont dispersés. Son terroir est rempli de ferrailles, de munitions non explosées et de cadavres. Il est tellement bouleversé qu’il apparait en rouge sur les cartes officielles. Comme plus de 15 000 hectares dans le secteur du Chemin des Dames, il fait partie de la fameuse « zone rouge » définie dès janvier 1918, celle où la reprise d’une activité agricole est jugée impossible en raison du coût exorbitant de la remise en état.

Au recensement de 1921, comme à Ailles et à Courtecon, il n’y a plus aucun habitant à La Ville-aux-Bois. Dès 1921, les 841 hectares de La Ville-aux-Bois sont expropriés par l’Etat, leurs propriétaires sont indemnisés. Comme à Ailles ou Courtecon, le village ne doit pas être reconstruit et il est administré par une commission municipale de trois membres nommés par le Préfet, en attendant d’être rattaché à la commune voisine de Pontavert.

Mais en août 1922, lors de l’enquête publique, la fusion avec Pontavert est refusée. Dans le décret du 9 septembre 1923 qui crée les communes de Chermizy-Ailles ou de Pancy-Courtecon, il n’est donc pas question de «Pontavert-La Ville aux Bois». La fusion sera encore refusée en 1927.

Entre temps, dans le secteur du Chemin des Dames, les agriculteurs ont réussi à démontrer qu’il était possible de remettre en culture les terres dévastées.

La zone rouge se réduit au fil des années :

  • - 12 626 hectares en 1921
  • - 3 564 en 1923
  • - 1 239 en 1926

Les terres expropriées en 1921 sont revendues par l’Etat, avec priorité pour les anciens propriétaires. Dans le décret du 8 novembre 1926, La Ville-aux-Bois est définitivement, et en totalité, exclue de la zone rouge.

La Ville aux Bois 1919Evolution de la population à La Ville aux Bois

Revue de presse 1932

le souvenir de l'ancien village

Dans le village reconstruit à partir de 1926, aucune maison, aucun mur ne subsiste d'avant 1914.

Pourtant le souvenir de l’ancien village et de ses habitants subsiste.

Derrière la nouvelle église, à l’emplacement du cimetière qui entourait l’église avant 1914, une stèle se dresse.

Stele 

L’inscription qui y figure indique qu’il s’agit d’une pierre tombale collective au-dessus d’un ossuaire Dans l’église ouverte au culte en 1932, les trois vitraux du chœur réalisés à Angers en 1935 ont été offerts par d’anciens habitants, la famille Corant-Flamin.

Téléchagez le document PDF en A3 recto verso qui a été diffusé en version papier 
auprès des habitants du village
Vidéo du journal L'Union du 27/10/2022

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