Fin de journée. — Presque tous les objectifs du régiment sont atteints à la fin de la journée du 16 avril. Le bois des Buttes est pris en entier. Seule, la Ville-aux-Bois résiste encore, mais, encerclée aux trois-quarts par les compagnies du 3e et du 1er bataillon, elle ne peut tarder à tomber. Toutefois, la situation est moins claire à droite, dans le Bois-des-Boches, où ont eu lieu des alternatives d’avance et de recul.
Le colonel redoute une contre-attaque, dispose en échelons face à l’Est, les 5e et 6e compagnies, restées à la Sapinière en réserve de division, et les renforce des mitrailleuses et des canons de tranchée enlevés à l’ennemi. Heureusement, cette précaution reste inutile. |
Les trophées de cette journée sont imposants : 843 prisonniers valides, dont 23 officiers, 30 mitrailleuses lourdes, 25 mitrailleuses légères, 15 minenwerfer, des lance-grenades
en grand nombre, un approvisionnement énorme en munitions, vivres et matériel. L’ennemi a laissé, en outre, sur le terrain de nombreux morts et blessés.
La nuit est tombée. Partout c’est une activité fébrile ; les chefs remettent l’ordre dans les compagnies désorganisées parles plus rudes combats de la journée. Des corvées portent en ligne des munitions anxieusement attendues. Les pionniers relient notre ancienne ligne aux positions conquises. Les brancardiers parcourent le champ de bataille à la recherche des blessés.


Quelques croquis de Jean VEBER pour conclure cette série d’articles

